Et le papa dans tout ça ?

Coucou tout le monde,

Alors aujourd’hui, j’aimerais vous parler d’un sujet sur lequel on me pose souvent des questions : la place du papa dans le quotidien de mes enfants.

C’est un sujet qui me tient à coeur surtout depuis qu’on a mis en avantla charge mentale de la maman. Je ne vais pas y aller par quatre chemins, mais vous le savez déjà depuis le temps…

Pour commencer, nous sommes toutes avec des hommes différents (caractère, historique familiale, environnement de travail ou social). Evidemment, nous sommes toutes aussi différentes. Mais nous avons toutes quelque chose en commun : ce lien indescriptible avec nos enfants que personne d’autre n’aura.

Pour la majorité d’entre nous, nos grossesses ont été désirées A DEUX. Ce que je veux dire par là, c’est qu’à partir du moment où ce bébé à été imaginé, rêvé puis conçu, on se doit d’être préparé à son arrivée. Pas seulement au niveau matériel, mais de tout ce qui en découlera par la suite.

Cette grossesse, en tant que femme on la vit depuis le début. Nos hommes eux n’en sont que spectateurs. Alors comment les impliquer ? Dans certaines familles, surtout chez nous « les arabes », il y a beaucoup de sujets tabous. Certains parents sont parfois choqués que la fille partage autant sur sa grossesse etc… comme si il fallait en avoir honte. Je me demande parfois si certains parents ont conscience eux-même qu’ils sont sorti du ventre de leur mère…Pourtant je comprend parfaitement qu’à l’époque la mère gérait toute cette partie entre femmes, mais en 2019, nous ne sommes pas toutes aussi bien entourées.

Enfin bref, pour ma part, voilà comment j’ai fonctionné. Je n’ai pas attendu de tomber enceinte pour en discuter. Les premières questions que j’ai posé à mon mari quand on a abordé le sujet c’est : quel père penses-tu être ? et qu’elle père aspires-tu à devenir. Basique. Cela peut paraître gros ou stupide pour certaines mais croyez moi, ça l’a fait réfléchir. Je savais au fonds de moi qu’il serait un bon père mais je ne m’attendais pas à ce qu’il assure sur tous les tableaux.

Si certains hommes n’ont pas eu une « éducation » sur ce sujet (je déteste le mot éducation – parlons plutôt d’accompagnement), alors aidons les. Apportons leur toutes les informations. J’ai eu beaucoup de chance à ce niveau, car après mon écho du 1er trimestre pour Lily, c’est mon gynécologue qui a directement parlé à Hassen sans que je demande quoi que ce soit. Il lui a simplement « Mr sachez que votre femme va vivre la plus belle mais aussi la plus traumatisante des expériences. Vous devez être là non seulement pour l’épauler, mais pour l’encourager durant ces 9 mois et trouver votre propre place dans la vie de cet enfant« . C’était la meilleure chose qu’un autre homme pouvait lui dire. Et le fait que ça vienne du médecin qui me suit, ça a eu son effet.

Dès lors, j’ai commencé à acheter des bouquins (la fille qui pensait se préparer dans des livres sérieux…) qui m’ont permis de balayer un peu tous les sujets sur les bébés. Celui de Philippe Gransenne « Bébé dis moi qui tu es » a été le meilleur que j’ai lu.

On a commencé à échanger avec mon mari, à apprendre à se connaître différemment. On le sait tous, on ne naît pas parent, on le devient. Du coup, on s’est nourrit mutuellement mais surtout on a parler de nos attentes à chacun, du tye d’éducation qu’on voulait donner etc… c’est là qu’on s’est rendu compte qu’il y avait un gap entre nous. Mes parents sont plus jeunes que les siens, du coup j’ai reçu une éducation différente. Mais on fait avec au quotidien et on reste sur la même longueur d’onde pour 90% des sujets.

Moi je voulais qu’il soit présent et lui voulait que je lui laisse sa place dans la vie du bébé et que je l’implique sans le juger. Il a été clair dès le début sur ce qu’il voulait. Pour lui, il ne voulait personne chez nous après la naissance d’Elyssa-Noor et surtout il ne voulait pas que je me « réfugie » chez ma mère. Honnêtement, ça a été dur en rentrant de la maternité mais il a tenue sa promesse. Il a été présent, s’est occupé du bébé quand il fallait sans que je le lui demande. Il s’occupait des tâches ménagères quand j’étais mal, des courses et tout le reste. Je ne suis pas non plus restée à la maison en mode princesse. Les 40 jours où on est censées être chouchoutées par les femmes de son entourage, ont été inexistants chez moi. Est-ce que ça m’a manqué? Bien-sûre, je vous mentirais si je vous disais que je n’en avais pas besoin. Mais ça m’a forgé. Mon couple a été plus fort que jamais et surtout je ne devais rien à personne.

Nous avons tout mais tout appris ensemble. Je n’ai quasiment plus demander conseil à qui que ce soit surtout au moment où ma dépression a pris le dessus. Comme demander conseil à des femmes qui quand tu leur dis « pourquoi tu ne m’as pas parlé de ceci ou cela? » elles te répondent : « pour ne pas que tu sois effrayée » je trouve ça limite. Alors autant se débrouiller seuls.

Du coup, mon mari changeait les couches, donnait le lait que je tirais, passait des nuits blanches avec les bébés, lui donnait le bain, nettoyait la maison quand je faisais autre chose, faisait les courses, cuisinait si besoin etc… Un vrai compagnon de route. Il a pris soin de moi comme moi j’aurais pris soin de lui. Ce n’est pas ça le couple finalement ?

Ce qui me choque, c’est lorsque je lis des messages de certaines jeunes mamans qui me disent : mon mari ne m’aide pas, il n’a pas été éduqué de la sorte, il ne me laisserait jamais partir en déplacement pour s’occuper seul du bébé. Généralement ma réponse est : « pourquoi?? ». Est-ce que les hommes sont moins intelligents que nous ? Je ne le pense pas. Est-ce qu’ils sont moins débrouillards que nous ? Je ne le pense pas. Est-ce qu’ils sont de moins meilleurs parents que nous ? Je le pense encore moins. Marcher main dans la main, ne fait pas d’eux des sous hommes.

Pour les personnes musulmanes, celles qui connaissent l’histoire de notre prophète (sws), vous ne vous demandez pas pourquoi les hommes en 2019 ne sont pas aussi attentionnés, aimants et présents pour leurs femmes ? Lorsque l’on sait que Celui-ci clamait haut et fort l’amour qu’il avait pour sa femme, qu’il buvait le verre à l’endroit même où elle avait posé ses lèvres, qu’il aimait plaisanter et jouer avec ses femmes et surtout il les soulageait avec les tâches ménagères et raccommodait lui-même ses propres vêtements. Alors quand on sait tout cela, pourquoi devrait-on mendier auprès de nos mari pour une petite aide au quotidien ?

Je sais pertinemment que je ne changerait pas les mentalités, mais en tant que femme, musulmane qui plus est, je me dois d’échanger sur ces sujets avec mon mari et d’apprendre à avancer ensemble. Lorsque j’échange avec vous sur ces sujets en stories Instagram, il m’arrive d’avoir tellement de peine. Le bonheur des foyer est tellement important surtout dans notre société actuelle. Malheureusement, beaucoup d’homme maghrébins ont grandis dans des foyer où leur mère s’occupait (seule ou avec ses filles) de toutes les tâches « ingrates » du quotidien. Je dis « ingrates » car la majorité d’entre nous aujourd’hui travaillent et lorsque l’on doit faire à manger, laver le linge, le repassage ou faire le ménage, nous sommes les premières à nous plaindre. Du coup, la majorité de ces hommes n’ont jamais eu à participer ou lever le petit doigt chez eux. Cela n’a jamais été le cas chez moi. J’ai vu mon père faire le ménage, nettoyer, faire à manger, s’occuper du linge et parfois faire ces tâches même mieux que ma mère.

Souvent également, nous avons envie de tout gérer nous même parce que nous avons l’impression que ce sera mal fait ou tout simplement parce qu’ils ne sauront pas le faire. Ce côté contrôlant nous l’avons toute hérité de notre mère, soyons francs. La mienne est une control-freak. Rien n’était jamais assez bien. Et parfois, je me surprend a reproduire ce qu’elle faisait et je me remets tout de suite en question. A nous d’apprendre également à délégué c’est important.

Notre charge mentale est déjà assez lourde comme ça, alors être soulagées sur quelques tâches ne devrait pas être trop demander. Je pense même que cela devrait être naturel. En tant que maman, même si je n’ai pas encore de fils, je suis intimement persuadée que nous pourrons faire évoluer les choses. Mon mari me dit aujourd’hui qu’il est comme il est grâce à sa mère et ce qu’elle lui a apporté mais surtout grâce aux échanges qu’il a eu avec elle lorsqu’il vivait sous son toit. Elle lui a demandé d’être un homme bon pour sa femme comme le prophète (sws) l’a été avec les siennes. Il y a un proverbe arabe qui dit « l’enfant qu’on accoutume dès sa jeunesse à arroser, apprend à arroser ». Et je peux vous confirmer aujourd’hui que ces échanges n’ont pas servi à rien.

En tant que femme nous avons le pouvoir de faire évoluer les choses. Ne soyons pas enfermées dans nos habitudes ou par certains principes que nous avons reçu lors de notre éducation. Les mentalités évoluent et c’est bien.

N’oubliez pas, « lorsqu’une femme éduque un homme, elle éduque un individu, lorsqu’elle éduque une femme, elle éduque un peuple ». Rien n’est impossible.

Prenez soin de vous.

Farah

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