A Naëlle, ma nouvelle force

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Bonjour à toutes,

C’est avec beaucoup d’émotion que je vous écris ce soir. Notre petite Naëlle Ayleen est arrivée avec un mois d’avance le 21 juillet dernier.

Autant vous dire que je n’étais pas du tout, mais vraiment pas du tout préparée ni à son arrivée, ni à l’accouchement que j’allais avoir. Vous devez vous dire sérieux ? T’avais 8 mois pour te préparer ! Oui oui, je sais, mais mon état d’esprit n’avait pas vraiment évolué depuis mon dernier article et surtout le mode procrastination a été plus qu’activé ces dernières semaines.

Tout  a commencé le jeudi 19 juillet 2018. Le jour où ma 37ème semaine de grossesse a débutée. La journée avait plutôt bien commencée mis à part une nuit presque blanche due à la position du bébé. Pour celle qui n’ont pas suivie, ma petite était en position siège. J’ai tout essayé: le poirier, la position fesses en l’air sur un ballon, la position à quatre pattes pendant 10 min plusieurs fois par jour durant une bonne semaine, les séances d’acuponcture (5 au total !) mais aussi la VME (version manuelle externe). Rien n’a été efficace.

Ce jour là, c’était la première fois que je ne faisais pas le ménage à fond. J’avais qu’une envie c’était d’être avec Lily, de la sentir contre moi. J’ai eu des contractions assez forte mais espacées et surtout gérables (depuis l’accouchement de Lily je gère encore mieux la douleur – je ne sais pas si c’est positif…).

Je vais me coucher vers 22h30. Vers 23h30 une sensation bizarre. Je dis à mon mari « je crois que je suis en train de perdre les eaux ». Lui qui me répond :  » bébé stp pas ce soir, je suis debout depuis 5h. Va vérifier et tiens moi au jus ». Génial… Je cours vérifier mais je n’étais pas sûre ou plutôt je ne voulais pas me dire que c’était bien ça. Je retourne me coucher une fois m’être changée. C’est reparti, même sensation. Je retourne vérifier. Je prends mon téléphone paniquée et je contacte ma cousine. Elle me dit d’appeler la maternité juste au cas où et qu’elle se préparait pour venir garder Lily directement chez moi. Je contact l’hôpital et leur explique. Au vu de mes antécédents, le médecin de garde me dit de venir de suite. Je suis retournée dans ma chambre et la je trouve mon mari debout, habillé prêt à partir. J’ai fondu en larme de panique. Ma valise était pas prête, je voulais pas laisser ma fille de 16 mois. Ma cousine une fois arrivée et après m’avoir fait un énorme câlin et plein de belles duaas (prières), nous nous sommes rendu à la maternité.

Une fois arrivée, les chutes du Niagara ont commencé, du coup ils décident de me garder et de me monter en chambre au bout de 2h de contrôle. Mon col était ouvert à 2. Autant dire que la nuit a été très longue. Des contractions, puis le calme plat, puis contrôle monitoring, puis plus rien. Mon mari qui me dit « j’en étais sûre, elle va prendre son temps comme sa soeur ! ». Il avait pas tors … La journée de vendredi a été rythmée par des monitos de 1h toutes les 4h, des contractions rapprochées pendant 30 min puis plus rien pendant des heures. Je ne voyais plus le bout. J’ai passé la nuit de vendredi à samedi seule à l’hôpital. Je ne voulais pas que Lily passe une nuit de plus seule sans son papa.

Samedi matin, en attendant mon mari, la sage-femme qui vient me voir me dit que l’on allait me déclencher si rien ne changeait. Je savais que j’avais 48h entre les mains avant qu’ils ne le fassent à partir du moment où ils décidaient de m’hospitaliser. Le but étant de ne pas mettre la petite en danger surtout qu’elle était en siège.

A partir de là j’appelle mon mari, il dépose Lily chez mes grands-parents et me rejoint. Je dis à la sage-femme que je sors marcher avec lui. On descend et monte les 3 étages de l’hôpital. J’étais plutôt en forme. On se prend un petit déjeuner en tête à tête, on papote 20 min et on décide de remonter. A mon arrivée, je tombe nez à nez avec la sage-femme qui me dit « ah ben je vous cherchais, vous êtes prête ? on y va pour le déclenchement, ça sert à rien d’attendre 23h ». Il était 10h30. Intérieurement je me suis dit « mais c’est une blague ! je suis maudite c’est pas possible ». Direction les salles de naissance. Arrivés au bureau des sages-femmes, elle leur donne mon dossier. Et là j’entends les sages-femmes limite se battre pour s’occuper de moi. Evidemment, un accouchement en siège, ils en rêvent tous apparemment.

On me met donc en salle, et là, la nouvelle sage-femme qui va s’occuper de moi m’explique la procédure (bien-sûre je ne l’avais pas oublié en 16 mois). Entre temps, l’interne en gynécologie vient avec 2 infirmiers. Elle me fait une écho de contrôle. Mademoiselle a encore bougé. Elle était en position complété lors de mon arrivée, et là elle s’est mise en semi-decomplété (en gros elle avait une jambe détendue et l’autre pliée avec un pied sous la fesse). Elle m’installe le tampon à 11h15 et me dit que dans une heure on me remonte en chambre.

Comme pour Lily, mon corps a réagit rapidement. 11h45 premières contractions. Evidemment dans les reins et ne se voient pas au monitoring. Intérieurement je suis mitigée: je suis contente qu’il fasse effet et en même temps je suis blasée parce que je savais ce qui m’attendais. Mon col était toujours à 2. 13h30 on remonte en chambre. Premier réflexe, je demande si je peux manger. Autant dire que le plateau repas je l’ai dégommé entre deux contractions. Mon mari avait sur son téléphone une application pour calculer les contractions.

15h15 je sonne la sage-femme. Elle me demande si je suis prête à aller en salle ou si je veux attendre. Intérieurement je me suis dit si le travail s’accélère autant que je sois en salle pour qu’on puisse me poser cette foutue péridurale. Elle vérifie mon col. Elle me dit 2,5. Je me disais mais c’est pas possible d’avoir aussi mal et d’avoir un col qui ne bouge pas. Elle appelle la salle de naissance et ils me prépare mon lit. Elle m’emmène en fauteuil. Elle courait presque dans le couloir. Je sentais que ça poussait.

Arrivée en salle elle me dit vous êtes à plus de 3. J’appelle l’anesthésiste et dit à l’équipe de préparer le bloc. Lorsque qu’on accouche par voie basse d’un bébé en siège, généralement cela se fait au bloc opératoire au cas il se passe quelque chose pour qu’ils puissent tout gérer rapidement.

L’anesthésiste arrive. La sage-femme me contrôle le col et me dit : vous être à 6. On s’installe pour la pose de la péridurale. les douleurs étaient tellement animale. J’ai senti mon bébé tomber dans mon bassin. Je n’oublierai jamais cette sensation. Je me mets en position, les contractions sont hyper rapprochée et tellement longues. la sage-femme installait le matériel. J’ai eu un sentiment de solitude à ce moment là lorsque qu’elle m’a installé le cateter. Toutes les larmes de mon corps sont sorties à ce moment là. J’ai tellement pleuré et prier. J’avais juste besoin de tenir une main. Peu importe de qui, mais j’avais juste besoin de sentir une présence.je pleurais comme si on m’avait frappé. j’avais tellement mal. La sage-femme a fini par venir et me tenir la main et me dire des mots gentils. Je leur dit que je sens quelque chose descendre, que ça arrive.

Péridurale installée, elles me disent toutes les deux de me coucher. J’y arrivais pas. Les contractions m’avaient paralysé les jambes. La douleurs ne voulait pas partir, j’ai commencé à hurler. Je ne savais pas que je pouvais hurler comme ça. Mon mari qui m’entends derrière la porte l’ouvre en furie. Il leur dit mais vérifiez son col si elle vous dit que ça arrive. L’anesthésiste lui demande de sortir, elle referme la porte. Je vois la sage-femme s’agiter dans tous les sens. Elle vient vérifier mon col et là elle me dit « ne poussez plus je vois le pied ». Elle hurle dans le couloir. Je lui dit « mais c’est pas possible j’ai pas de péridural !! » et là l’asthésiste que me prend le visage et qui me dit  » madame vous avez la péridurale installée mais elle n’a pas le temps de fonctionner, faut sortir ce bébé ».

Mon mari entre, puis 8 personnes arrivent en urgence. Lors d’un accouchement en siège vous avez environ 10 personnes en salle avec vous, c’est la procédure en cas d’urgence.

C’est l’interne en gynécologie que j’avais vu le matin qui s’est installée devant moi. J’avais juste envie de pousser et c’est ce que j’ai fait. Elles ont sortie les étriers en 5 secondes, m’ont installé à 17h33. J’ai commencé à pousser. J’ai cru que tout était en slow motion, que ça durait une éternité. Une fois le pied, les fesses sorties, j’ai senti tout son corps glisser à travers moi. Je sentais chaque os de mon corps se briser. Au moment de sortir la tête je leur ai dit je n’y arrive plus j’ai trop mal. La sage-femme m’a quand même tapé l’épaule et à pointé son doigt en ma direction en me disant : « si vous ne la sortez pas maintenant elle risque d’être en difficulté ».Une dernière poussée et Naëlle était là à 17h35. Les 2 petites minutes de ma vie qui m’ont paru être une éternité.

Ell a m dû couper elle-même le cordon car il ne faisait que 30 cm d’où la position de mon petit bébé. Elle était minuscule, pleine de bleus, un visage a moitié applati, une narine complètement obstruée au point de lui faire ses soins 48h après. La sortie a été plus difficile pour elle que pour moi finalement. L’interne et l’équipe m’ont remercié. Lorsque je leur ai demandé pourquoi, ils m’ont répondu que c’était un accouchement de rêve, mieux que dans les livres. Que c’était très rare qu’un siège se passe aussi bien et surtout qu’il soit aussi rapide. Il y avait même des personnes qui frappait à la porte, entraient et disaient « Alors ??? c’était comment ? ».

Une fois le placenta sorti, mon mari se retourne et voit que je suis en train de faire une hémorragie. Les médecins et infirmiers dans la salle s’affolent. Il sortent mon mari et le bébé. Elles commencent à me piquer dans tous les sens, l’anesthésiste reste vers ma tête et me demande sans cesse comment je me sens et vérifie mon état. Elles m’expliquent que mon utérus fait une hémorragie et que si elle me remontaient en chambre, dans 4h je redescendais et dans l’heure qui suivrait mon mari viendrait me voir à la morgue, d’où l’urgence. La péridurale ne faisait toujours pas effet. Elle m’explique qu’elle va devoir entrer son bras dans mon utérus pour le nettoyer et répéter l’opération une deuxième fois. Mon premier réflexe c’est de lui demander de me montrer ses mains puisque Naëlle m’a épargné les déchirures, je ne voulais pas qu’elle m’en crée. On a toutes rit à ce moment là. Elle a commencé son geste. J’ai senti son bras entrer et tout le mouvement dans mon ventre. Au deuxième passage c’était aussi douloureux mais je savais qu’elle devait le faire. Un fois terminé, la salle s’est vidée et Hassen est arrivé avec la petite. Il n’a pas cessé de me répéter à quelle point il était fière de moi et ce jusqu’à ce qu’il rentre chez nous.

Quelques jours plus tard, la veille de ma sortie, la sage-femme qui est venue me contrôler m’a demandé comment s’était passé l’anesthésie générale. Je lui dit quelle anesthésie ? Elle me répond celle faite après mon hémorragie. Je lui dit que l’on m’a nettoyé à vif. Elle m’a quand même dit « et bien vous direz à votre mari de vous embrasser les pieds et la tête tous les jours parce que vous êtes une warrior ». C’est là que j’ai compris l’urgence de la situation et à quel point j’ai été chanceuse d’avoir l’accouchement que j’ai eu. Entre vous et moi, cet accouchement a été plus beau que celui de Lily. Si c’était à refaire, je le referai, sans péri. Cette sensation une fois le bébé sortie est indescriptible. Une sensation de bien être, on récupère son corps. Voilà ce que je me suis dit une fois que Naëlle était sur moi. Tout s’arrête net. Plus de contractions, plus de douleur. On se remet tellement vite d’un accouchement sans péri si vous saviez. Mais il faut vraiment le vivre pour le comprendre. Ce n’est pas pour cela que je referai un bébé dans les prochains mois !

Aujourd’hui Naëlle a 5 semaines et se porte à merveille Dieu merci. Je n’arrête pas de la remercier pour cet accouchement. Grâce à cela, j’ai pu m’occuper de Lily tout de suite, la porter et reprendre le sport au bout de 3 semaines (avec l’accord des sages-femmes et après la rééducation évidemment).

Le corps de la femme est une machine extraordinaire, il ne faut pas l’oublier.

Merci d’avoir pris le temps de me lire.

Prenez soin de vous.

Farah

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